mercredi 11 novembre 2009

TwitView : Phishead, critique musical

Twitview : questionnaire réalisé sur Twitter.




TwitView du jour : Phishead ancien de chez Trax, journaliste encarté et critique musical, Phishead a bien voulu répondre de façon très impromptue (en gros, à l'arrache quoi)

1 Pourquoi es tu journaliste ou blogueur? Et depuis quand?

Journaliste depuis 8 ans, car je ne saurais rien faire d'autre.

2 Dans tous tes posts/articles, quel est celui dont tu es le plus fier?

Y a eu des reportages lointains, écrire les premiers articles sur quelqu'un qui devient star. Et y a eu les trrrrrrrrès longues interviews avec Garnier. Peut-être l'un de mes moment préférés.

3 Tu t'es déjà fait "avoir" par un groupe ou un morceau que tu as vraiment aimé avant de te rendre compte que c'était de la daube?

Drôle de question. au moment d'écrire je suis toujours sincère. Mes goûts peuvent évoluer, mais je n'en ai jamais honte. Après n'oublie pas que dans la presse, on exige parfois que tu écrives sur quelqu'un, à toi d'être sincère en te pliant aux exigences.

4 Le concert le plus génial de l'année?

Je n'ai pas vu hum. pas vu grand chose de grandiose cette année.... Sinon, dans le passé, je pense à : Phish, !!!, LCD, Brinkmann, des dj sets de Garnier, tsssssssssss y en a des milliers, heureusement. Le meilleur moment, auquel je pense, peut être The Horrors "Sea within a sea", à rock en seine ?

5 Et le plus mauvais?

Ah pire, c'est plus facile : sans hésiter Sexy Sushi au social ou ou MGMT à rock en seine.

6 Ton gros coup de cœur du moment?

Pas mal de trucs, je pense au LP de Danton (que je connais depuis 10 ans !), ay ay ay d'Aguayo, le mix de Smagghe et les deux derniers Weatherall . J'ai bien trippé aussi sur le Surf Solar (Fuck Buttons) et Joakim aussi.

7 Le truc dont tout le monde parle mais qui t'énerve à mort?

GIRLS et Florence and The machine aussi

8 Le truc dont personne ne parle mais que tu adores?

Bah le retour sur scène de Phish, pas un mot dans la presse française, bande de nazes.

9 Un site/blog de musique que tu lis régulièrement et pourquoi?

http://chroniques-electroniques.over-blog.com/ Toujours les premiers à dégainer, démolissent aussi bien qu'encensent, c'est pointu, renseigné, bénévole, et format assez court, sur le net c'est bien.
Sinon, je m'investis dans la refonte de http://www.association-sonotown.fr/ qui va tuer sa race
.

10 Un mauvais goût que tu assumes parfaitement?

Mon mauvais goût : le jazz rock, le rock psyché, Phish, etc, très décrié par la presse musicale en France.



Danton Eeprom "Confessions of an english opium eater"

lundi 9 novembre 2009

The Patriotic Sunday - Characters


J'ai déjà parlé, ici, de The Patriotic Sunday, le side-project d'Eric Pasquereau, guitariste / chanteur des géniaux Papier tigre. J'ai déjà dit tout le bien que je pensais du premier extrait du disque à venir. J'ai tellement écouté et aimé ce morceau que j'en suis venu à redouter l'album, à avoir peur de ne pas retrouver la force de Jonas, sa puissance douce-amère. Peur que ce morceau lumineux ne soit qu'un arbre cachant une forêt plus convenue.





The patriotic sunday - "Jonas" (video) from Collectif Effervescence on Vimeo.


Et puis, le 26 octobre dernier, Characters est enfin sorti. Depuis, il ne se passe pas une journée sans que je ne l'écoute au moins une fois. C'est sans doute un cliché qui pourrait rejoindre le dictionnaire des lieux communs en cours d'élaboration par la maîtresse de céans, mais Characters est exactement l'album que je souhaitais écouter, au moment exact où je le souhaitais.

A la différence de Lay your soul bare, enregistré en grande partie tout seul, Eric Pasquereau s'est entouré de Jonathan Seilman, de This Melodramatic Sauna et de Pierre-Antoine Parois et Arthur de la Grandière, ses acolytes de Papier Tigre (tous appartenant au Collectif Effervescence, dont on ne saluera jamais assez la qualité du travail). Il n'est donc pas surprenant de retrouver, par instant, le phrasé math / noisy du combo nantais. C'est même flagrant dans Cops & Robbers ou dans Capital Letters, avec cette guitare en boucles syncopées. Mais ce serait une grave erreur que de réduire Characters à cette parenté.

Avec ce nouvel album, Eric Pasquereau impressionne par le soin méticuleux qu'il a apporté aux compositions et aux arrangements. L'apport de sonorités électroniques, la présence récurrente du Wurlitzer, la rythmique au cordeau, les cordes (quelqu'un saurait-il me dire si Carla Pallone, des bouleversantes Mansfield.TYA, a participé à l'album ?) et cuivres en touche subtiles font de Characters un grand disque de pop élégante et inspirée. Chacun des titres se donne comme une évidence ; on rentre somme toute assez facilement dans cet album. Et puis, à mesure qu'on l'écoute, Characters dévoile sa profondeur vertigineuse et l'on finit par réaliser la virtuosité, la complexité incroyable de ce disque. C'est là, sans doute, le plus grand talent d'Eric Pasquereau : donner une apparence de simplicité, de limpidité à un tout dont chaque détail a été réfléchi, pesé. Jamais il ne cède à la facilité, rien ne semble gratuit, le moindre pizzicato ou clappement de main renforce la cohérence d'un ensemble maîtrisé du début à la fin. Le fait que Stéphane Laporte (Domotic, Centenaire) ait assuré la production de Characters n'est certainement pas pour rien dans cette réussite.

Même si ça peut sembler outrageusement présomptueux, Characters est, je pense, de ces albums qui frôlent la perfection, de ceux que l'on peut écouter et réécouter sans s'en lasser, en y découvrant à chaque fois d'autres détails, de nouvelles références, des dimensions et niveaux d'écoute insoupçonnés.

Characters est disponible depuis le 26 octobre. Vous pourrez le trouver sur les principales plateformes de téléchargement légal. Par contre, pour le trouver en disque, si, comme moi, vous habitez dans une ville pauvre en disquaire, vous n'aurez pas d'autre choix que d'en passer par un des requins du web.

The Patriotic Sunday sera en concert ce soir, lundi 9/11, au Sambre, à Rennes (rue d'Antrain) avec All Smiles et Profondo Rosso.


samedi 7 novembre 2009

Belle video pour le Ready, Able de Grizzly Bear

Tout frais, tout chaud (oui, les deux à la fois) la video de Ready Able de Grizzly Bear dans une ambiance très nature et pâte à modeler, Grizzly Bear nous offre de bien belles images comme on dit au journal télévisé de midi.

jeudi 5 novembre 2009

Electric Electric - The Left Side

Ça, c'est Electric Electric, un trio strasbourgeois composé de Eric Bentz à la guitare et au chant, Vincent Redel à la batterie et Vincent Robert aux claviers et au chant. Ils sont signés sur le label Herzfeld et leur musique est un mélange de noise et de rock et je sais pas quoi qui dégage une énergie folle, un truc rarement entendu ces temps-ci.

Myspace de Electric Electric
Site de Electric Electric


7 nov - Supersounds, Colmar
11 nov - Fri-Son, Fribourg (CH)
12 nov - Zelig, Lausanne(CH)
14 nov - Cs Bruno, Trento (I)
20 nov - La Poudrière, Belfort
25 mars - La Filature, Mulhouse

Merci à aka et speedou de La Blogothèque pour la découverte.

mardi 3 novembre 2009

Un soir à Rennes - The Jim Jones Revue à l'Ubu (02/11/09)


Hier soir, un lundi soir, il fallait se faire violence pour sortir. Les rues étaient vides, le temps affreux. Rien n'incitait vraiment à se taper 20 minutes de marche sous la pluie pour rejoindre l'Ubu et son poteau boucheur de vue. Rien, sauf la perspective de retrouver sur scène la puissance infernale du premier album de The Jim Jones Revue en espérant un supplément de folie et de fureur. Je ne sais pas pour les autres courageux (quand même, un lundi soir !), mais je n'ai pas été déçu. Bien au contraire.

Dès les premiers accords, envoyés à un tempo épileptique, la salle s'est mise à bouger dans tous les sens. Le combo londonien, emmené par un Jim Jones animal, est très impressionnant. Si tous les membres de la revue arborent cette énergie et cette arrogance qui font les grands musiciens de rock (mention spéciale au bassiste, façon Paul Simonon des 50's), c'est bien le chanteur qui attire tous les regards. Sa voix, évidemment travaillée à la clope et à la bière tiède, est surpuissante. Son jeu de scène, explicitement sexuel, rappelle les grands noms du genre sans que jamais l'on ne tombe dans la caricature ou la parodie.

Et puis, au bout d'un peu plus d'une heure d'un set emmené au taquet, sans temps mort, on comprend que l'essence du rock, c'est ça. Un truc de prolo, de branleurs qui en ont surtout après les filles de la salle (rien de sexiste là-dedans, les rôles sont inversables à volonté). Un truc chaud, sale et humide, qui pue les hormones et le sexe. Un truc bien licencieux, où on a tous le droit d'oublier un temps les bonnes manières. Alors, certes, certains diront qu'il n'y a là rien de bien nouveau sous le soleil. Ils n'auront simplement pas compris que, justement, c'est ça le truc. On peut bien mélanger le rock avec ce qu'on veut, en faire un produit ultra-marketé, une bande-son publicitaire pour de la lessive, on peut le diluer, l'etouffer, l'atténuer, le lisser ou le polir, jamais cela n'atténuera la déflagration primaire, celle de That's Allright Mama ou de Rocket 88. Il y aura toujours des fous, prêts à prendre la relève et nous faire la preuve par l'exemple que le rock ne mourra jamais. Jim Jones est de ceux-là. The King is gone, but he's not forgotten. Et c'est, entre autres, ce qu'on a pu constater hier.