lundi 14 décembre 2009

Massive Attack Video - Paradise Circus


Massive Attack sort un album début février Heligoland et propose une video du single Paradise Circus. Et c'est porno. Au sens propre du terme, puisque les images sont extraites d'un film pornographique des années 70 le tout sur fond de voix lancinante et vénéneuse de Hope Sandoval. La vieille dame très "grand mère" qui raconte ses souvenirs d'actrice dans le film pornographique The Devil in Miss Jones est Georgina Spelvin. Après avoir diffusé quelques images en teaser il y a une semaine, c'est ici l'intégralité du clip qui nous est offerte par Stereogum. Attention, si vous cliquez sur le lien, ça n'est absolument pas regardable au bureau, en public et encore moins devant les enfants, vous êtes prévenu...


vendredi 11 décembre 2009

Route du rock hiver 2010, prog complète !

La programmation totale semble enfin sortie et pendant les deux jours, voilà ce que vous pourrez voir. Le dernier nom qui manquait était donc celui de Beak> le projet solo de Geoff Barrow de Portishead.



Vendredi 19 Février
L'Omnibus : Beach House, Turzi, Fiery Furnaces, Jackie-O-Motherfucker, Magnetic Friends, Beak> L'Escalier Club : Mondkopf.

Samedi 20 Février
L'Omnibus : The XX, Local Natives, Shearwater, Clues, Clara Clara, Magnetic Friends.
L'Escalier Club : Krikor.

Dimanche 21 Février
La Chapelle Saint-Sauveur : Winter Family, The Tallest Man on Earth

Plus une conférence gratuite de Christophe Brault (ex Rennes Musique et excellent conférencier) sur le Krautrock Samedi 20 Février.

Inutile de vous dire qu'avec une prog pareille, DLF y sera (et plutôt deux fois qu'une), on aura l'occasion de vous présenter un peu plus en détail les différents groupes. En attendant, si vous voulez plus d'informations sur les prix, les salles, etc, rendez-vous sur le site officiel ou l'excellent site non-officiel.

La Blogothèque à Rennes

C'est la gloire, amis rennais, la Blogothèque est venue faire une série de concerts à emporter dans nos rues, on reconnait le champ de mars, la rue Le Bastard (et pas rue du bastard, bande de petits dévoyés), les Halles etc. Mais surtout, on reconnait The Last Morning Soundtrack, The Popopopop’s, Wankin’ Noodles, Success, Ka Jazz, Micronologie, Nola’s Noise, Lug Na, des groupes rennais ou fortement liés à Rennes que l'on a d'ailleurs pu voir pour certains aux Transmusicales.

Pour voir l'intégralité des concerts à emporter de la Blogo à Rennes : Clique Clique Et pour vous mettre en appétit, Success, le groupe de Mister Eleganz (concert prévu à l'Etage-Liberté le 3 février)



City Series Rennes #4.1 - Success from KIDAM on Vimeo.

lundi 7 décembre 2009

Trans Musicales #4 : samedi 05/12 - à bloc Jean Floc'h


S'il y a bien une chose qui fait l'unanimité à propos des Trans, au-delà des clichés journalistiques habituels (festival défricheur de talents, programmation audacieuse, les groupes qui feront l'actualité de demain... etc.), c'est que c'est un festival fatigant. Physiquement usant. Au quatrième jour, je peine un peu à trouver les ressources pour m'envoyer une nouvelle brochette gargantuesque de concerts. Mais, au petit matin, à l'heure de quitter le parc expo, c'est un sourire qui gagne mon visage tant j'ai la conviction d'avoir passé une très bonne semaine de Trans.

La soirée du samedi commence plutôt bien. Le retour sur scène du miraculé Sixto Rodriguez, à l'occasion de la réédition de Cold Fact, son premier album paru en 1970, par le très bon label Light In The Attic, fait partie des évènements annoncés du festival. Après plus de trente années d'absence et d'oubli, Sixto Rodriguez sait encore y faire. Ses chansons, entre pop psychédélique et folk assez doux, feutré, ont bien vieilli et passent la rampe sans souci. Le groupe qui accompagne le chanteur est parfaitement en place. Mention spécial à l'organiste qui a dû faire plaisir aux roadies et aux techniciens avec son massif et monumental Hammond. Le son ce monstre est décidément incomparable. Alors, certes, ça n'a rien de révolutionnaire, certes le hall 3 n'est pas l'endroit idéal (ça aurait été tellement plus fort à la Cité), mais le concert valait tout de même le déplacement. Et puis, se mettre les tympans en marche dans la douceur, ça n'a pas de prix vu comment s'annonce le reste de la nuit.

La suite est en effet bien plus rentre-dedans. Avant de me lancer dans la foule du hall 9, je jette une oreille au concert de Blk Jks mais ne reste pas très longtemps. Je suis un peu déçu par le son des sud-africains : très propre, très pro, très en place mais manquant vraiment trop d'âme. Le set de Mr Oizo (dont je ne connaissais rien d'autre que le clip avec cette marionnette fumant des saucisses) est, lui, beaucoup plus sombre, notamment lorsqu'il nous assène "vous êtes des animaux". Vu la furie de la foule, on n'hésite pas le croire. Par contre, je pense qu'il gagne la palme de la sortie de scène la plus foireuse de la soirée. C'est un peu dommage d'énerver autant les gens pour les quitter de la sorte, en queue de poisson...


Je n'assiste pas au set de Popof, trop electro-bourrin pour moi et préfère aller voir The Carps. Un duo batterie/basse (une Squier Musicmaster, soit dit en passant), entre soul et punk-rock. Sur scène, ils sont assez drôles, le batteur est très puissant, le bassiste saute un peu partout et le tout dégage une énergie assez emballante.




Retour express hall 9, pour South Central, plus par envie de rester avec mes potes que par conviction. Pourtant, je suis très vite accroché par l'electro stridente des anglais. Leur set est très efficace, très distordu. Assez rock'n'roll, en fait. Je ne manque pas de me mettre les genoux en feu en sautant dans tous les sens. Après tout, c'est les Trans, y a plein de monde et il fait sombre dans les halls.

Pour la suite de la soirée, j'abdique toute exigence artistique, toute curiosité — certains diront même toute dignité — pour m'abandonner à la danse épileptique, façon endive branchée sur du 220 volts sur le set hip-hop/electro assez putassier de DJ Ride. Le portugais n'hésite pas à recourir aux pires stratagèmes pour garder son public et c'est avec une joie non feinte que je trépigne sur des remixes de tubes aussi subtils que Killing in the name, Walk this way ou Back is black. Aussi fin que drôle, donc, pour peu que l'on soit en excellente compagnie (c'était mon cas). Et puis, alors que tout se passait bien, je fais mon premier faux-pas de l'édition. Je décide de rester hall 4, pour attendre patiemment le concert de The Very Best au lieu de filer hall 3 voir Ezra Bang & The Hot Machine. The Very Best m'ennuie très vite (notamment les interventions interminables du MC : "say hey, hey", "say wow, how", ça va deux secondes). Je laisse tous les hipsters attirés par le bruit du buzz pour profiter plus en longueur de la "guerilla funk" des londoniens. Raté. Soit ils ont joué 20 minutes, soit je suis tombé dans une faille spatio-temporelle, mais toujours est-il que je n'en verrai que les trois dernières chansons, rappel compris. Et c'est mon grand regret de la soirée : ça sonne électrique, punk dansant, le chanteur semble fou furieux et le public, qui saute et exulte, semble à l'avenant. Espérons qu'ils repassent dans le coin, que je me rattrape.

Malgré quelques étrangetés dans les horaires de passage (Danton Eeprom pour clôturer le hall 9 c'est... audacieux...), ce fut une excellente nuit. Pourtant, je n'y ai pas fait de découverte renversante, je n'ai pas été scotché par un concert en particulier et ce ne restera sans doute pas comme une soirée inoubliable, artistiquement parlant. Mais, quand on s'amuse en excellente compagnie, qu'on a réussi à s'improviser clubber sans subir les assauts d'un DJ résident de bar de nuit et le tout dans d'excellentes conditions (au niveau de l'accueil du public et de l'organisation générale du festival, les Trans sont vraiment irréprochables), on finit par se dire que ça n'est peut-être pas l'objectif premier de ce samedi aux Trans. Surtout, on a hâte d'être à l'année prochaine, pour remettre ça !

samedi 5 décembre 2009

Trans Musicales #3 : Vendredi 04/12 - Sex, drug, alcohol and rock'n roll

Mister Eleganz

Pour la troisième soirée des Trans, cette fois rendez-vous au parc expo, après m'être nourrie d'un bon gros grec gras avec une pinte de Guinness, pour une soirée stupéfiante à plus d'un titre.

En début de soirée, on arrive pour voir Gaggle, chorale de jeunes britanniques menées par leur chef de choeur, c'est bien chanté, bien rythmé, policé et assez ennuyeux somme toute, nous ne resterons donc pas longtemps pour nous diriger vers la première surprise de la soirée : FM Belfast un groupe d'Islandais déjantés en collants rouges réussissant à survolter un grand hangar quasi vide au début. Dynamisme, joie de vivre, rythmique canaille, tout y est pour plaire et le public ne s'y trompe pas.


Passage par Slow Joe and the Ginger Accident, gros succès auprès du public, je ne crois pas qu'il soit encore utile de narrer l'histoire, lue cent fois depuis deux trois jours de ce vieil Indien de Goa à la voix de crooner à la Sinatra repéré par un jeune musicien français etc etc, Piedo vous a déjà parlé de lui, c'est un peu la "Cendrillon" du festival.



Ensuite changement d'ambiance, plus grave, plus mâle, plus sexe et aussi plus whisky : The Phantom Band et son chanteur à la voix exceptionnelle Duncan de Cornell. Une prestation de très haut niveau, tant au chant que pour les instruments, batteur et bassiste en tête. Les cannettes de bière descendent, le whisky aussi et Duncan assoit son autorité sans contestation possible sur la foule. C'est serein, affirmé, écossais et bien imbibé aussi. La voix monte en tête, redescend dans les tréfonds des basses, Duncan s'offre tel un Christ en croix devant la scène et ma foi, ainsi que le dira le groupe sur twitter " Great show in an aircraft hanger last night. 5000 drunk people. Brilliant" Une prestation aux sonorités bien rock qui sonne le retour de Trans peut-être moins électro que ce qu'on a pu connaître depuis quelques années. C'est le meilleur rock live que j'ai entendu depuis un bout de temps.




Passage par le Hall 4 avec Detroit Social Club. Au début, ça accroche vite l'oreille et puis, on se surprend à penser "ah tiens, ça ressemble à du U2, oh, et ce morceau, on dirait les Doors, dis donc". Une musique efficace, sorte de psyche rock un peu putassier, un chanteur avec une belle voix éraillée, mais le tout manque d'originalité, de quelque chose de plus profond, encore que visiblement, ça plait à mon voisin de droite qui s'enfile sans mollir son rail de coke au milieu de la foule puis en propose gentiment à son voisin (qui fait de même). La jeunesse est un ténébreux naufrage (oui je sais, il a pas dit ça comme ça Baudelaire).


Dernier concert de la soirée pour nos oreilles épuisées : Fever Ray. J'ai déjà parlé plusieurs fois du projet de Karin Dreijer Andersson (moitié de The Knife) et de sa musique sombre et planante. Ici, au milieu des volutes de haschich, la belle venue du Nord offre un show impressionnant, car il s'agit vraiment ici d'un show. Profusions de laser et de lumières, fumées opaques, mise en scène spectaculaire et c'est une nouvelle religion qui se donne à voir ici. Dit comme ça, ça peut paraître ridicule, et pourtant une ambiance froide et prenante s'installe peu à peu. Une partie de la foule quitte le hall déçue par la prestation peut-être trop ésotérique et pourtant, ce que l'on a vu là est d'un niveau musical et vocal hors pair. Les premiers rangs finissent par lever les bras au ciel comme en adoration devant une déesse barbare, les gradins sont littéralement hypnotisés et envoûtés, et imperturbables, les musiciens et leur chanteuse continuent de délivrer la musique d'un nouveau millénaire, évoquant aux plus anciens les mannes des Cocteau Twins ou de Dead Can Dance.



Enfin, mention particulière à un DJ, Mister Eleganz, dont au début on aurait pu attendre le pire (genre Hotel Costes, Ariel Wizman, j'mla pète à Paris) mais qui en fait a su animer et faire sourire tout en passant de la bonne musique.

(Très bonnes photos de Julien Ermine et Dominique Vrignaud pour les Transmusicales)